Un terme générique, pas une technique unique
L'obfuscation des données n'est pas une méthode unique mais un objectif général : rendre les données illisibles ou méconnaissables pour quiconque ne doit pas voir leur forme d'origine, tout en les gardant utilisables là où elles sont nécessaires.
Les techniques généralement regroupées sous ce terme sont listées ci-dessous. Le masquage de données est souvent employé comme synonyme, mais, à proprement parler, il ne constitue qu'une technique au sein de la famille plus large de l'obfuscation.
| Technique | Ce qu'elle fait |
|---|---|
| Masquage de données | Remplace les valeurs réelles par des valeurs plausibles mais fictives. |
| Tokenisation | Remplace les valeurs sensibles par des jetons ; la correspondance est conservée dans un coffre protégé. |
| Pseudonymisation | Remplace les identifiants par des pseudonymes ; les relier à nouveau exige des informations supplémentaires. |
| Chiffrement | Rend les données illisibles sans clé ; entièrement réversible pour les détenteurs de la clé. |
| Hachage et caviardage | Transformation à sens unique ou suppression complète des fragments sensibles. |
Pourquoi les organisations obfusquent leurs données
Les organisations obfusquent leurs données pour réduire l'exposition tout en préservant leur utilité. Le principe est le même partout : le processus qui a besoin de la structure des données n'a que rarement besoin des valeurs sensibles réelles.
La source la plus courante est constituée par les données de production. Elles sont masquées avant d'être copiées dans les environnements de test et de développement, et les identifiants sont tokenisés dans le traitement des paiements, afin que les systèmes continuent de fonctionner sans toucher aux valeurs d'origine.
Où s'applique chaque technique
Chaque technique répond à un risque différent. Le tableau montre le cas d'usage typique et ce que les données permettent encore une fois transformées.
| Cas d'usage | Technique typique | Ce qui reste utilisable |
|---|---|---|
| Copies pour les tests et le développement | Masquage de données | Structure des tables et formats des données |
| Analyses et jeux de données pour les partenaires | Pseudonymisation | Tendances, effectifs et liens entre les enregistrements |
| Traitement des paiements | Tokenisation | Une valeur de substitution que les systèmes peuvent stocker et comparer |
| Fichiers stockés et sauvegardes | Chiffrement | Rien, tant que la clé n'est pas appliquée |
L'obfuscation comme technique d'évasion
Le même concept fonctionne aussi dans l'autre sens. Un initié ou un attaquant qui prépare une exfiltration de données peut volontairement obfusquer un contenu pour que les contrôles de sécurité ne le reconnaissent pas. Les méthodes les plus courantes sont les suivantes.
- renommer les fichiers et changer leurs extensions, pour que les règles de nom et de type ne correspondent plus
- archiver et compresser, souvent avec un mot de passe, pour que l'analyse du contenu ne voie pas l'intérieur
- chiffrer ou réencoder le contenu, pour que les règles par mot-clé ne voient qu'un texte chiffré
- utiliser des conteneurs ou des formats inhabituels que les contrôles fondés sur le format ne reconnaissent pas
Comment réagissent les systèmes DLP
Les contrôles sensibles au contenu, comme les systèmes de Data Loss Prevention (DLP), tentent de compenser cela. Ils examinent ce que contient un fichier plutôt que son nom, et comparent le contenu aux empreintes numériques des fichiers protégés.
- 1
Examiner le contenu
Vérifiez ce que contiennent les archives et les conteneurs, pas seulement le nom ou le type du fichier.
- 2
Comparer l'empreinte
Comparez le contenu aux empreintes des fichiers protégés, afin qu'une copie renommée soit tout de même reconnue.
- 3
Surveiller le comportement
Signalez une activité inhabituelle, par exemple un salarié qui archive soudainement de nombreux documents juste avant de quitter l'entreprise.
À quoi cela ressemble dans Anexet
Dans le module d'empreintes numériques, l'administrateur associe une base de données aux dossiers qui contiennent les fichiers protégés. Les sources et le serveur d'indexation sont visibles au même endroit, ce qui permet de vérifier facilement la couverture.
L'obfuscation joue dans les deux sens
L'obfuscation a un double usage : les mêmes transformations qui protègent la vie privée dans les environnements de test peuvent dissimuler une exfiltration pendant le transfert.
Qu'elle agisse comme une protection ou comme une menace dépend de la personne qui l'applique et de la capacité des contrôles en place à voir au travers.
Un fichier qui passe une règle fondée sur le nom n'est pas pour autant sûr. Vérifiez le contenu, pas seulement le nom.
Par où commencer
Commencez par les données dont la fuite causerait le plus de dommages, puis examinez les canaux par lesquels elles circulent réellement. Les règles qui analysent le contenu détectent les fichiers déguisés que les règles fondées sur le nom laissent passer.
Pour aller plus loin : Chiffrement, codage et hachage : quelle différence ?.
Un fichier déguisé n'est invisible que pour les règles qui ne l'ouvrent jamais.
